Les Récits de Stéphane GdG

Ces choses de Stéphane GdG

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EXTRAIT DE "CES CHOSES" à lire via le lien ci-dessus.

Ces choses

Un tunnel sombre parfois éclairé d’une ampoule émettant une lumière rouge.

                - Il y a ces choses.
                - Des choses, quelles choses ?
                - Ces choses que notre esprit limité ne peut concevoir.
                - Et…c’est pour ça que tu m’as emmené dans cet endroit sordide, pour voir ces choses ?
                - Oui, c’est la nature même de ces choses, les voir sans les concevoir.
 
Nos pas craquent sur le gravier, on peut entendre le souffle de nos respirations, l’air est moite, puant.
 
                - Ces choses, tu les as vues, c’est ça ?
 
Je préfère ne pas répondre pour éviter de me souvenir. Mais je dois lui montrer, je dois le guider afin qu’il prenne le bon chemin.
Nous arrivons à un croisement, je prends à droite, le tunnel est plus court, on distingue une porte rouillée au bout. Mon ami commence à paniquer, je pourrais presque sentir sa peur se coller sur ma peau.
 
                - Putain merde mais qu’est-ce qu’on fait là, comment on est arrivé là ?
 
Sa voix meurt contre les murs de pierres. Je suis devant la porte, il est derrière moi, je sens ce qu’il veut faire, mais cette fois il ne le fera pas.
La porte s’ouvre en hurlant, une ampoule éclaire la pourriture du lieu, de la chair est encore collée aux os disséminés entre des bouts de bois et les gravillons du sol cimenté. Contre le mur d’en face deux bâches plastiques noires recouvrent quelque chose.

CASSANDRE de Stéphane GdG

http://recitsclairsobscurs.blogspot.fr/2015/06/cassandre-naissance-dune-terreur-le.html

Extrait de Cassandre à lire via le lien ci-dessus

Naissance du terreur    Tu as faim, tu as soif, mais tu as peur.

 

 
Pourtant tu as entendu ce bruit lourd cogner le sol quelques minutes plus tôt, quelques heures, quelques jours peut-être, tu ne le sais plus. Mais était-ce si important de le savoir quand on  séquestré depuis si longtemps que tu te demandes toi-même si tu n’es pas né dans cet endroit sordide ?
 
L’heure du choix est arrivée. Soit tu meurs de soif sur ton lit, soit tu tentes de ramper vers ce trait de lumière qui passe sous la porte de ta chambre. Mais tu es terrifiée car tu sais que si tu fais trop de bruit cela te coûtera une partie de ton corps. Ils détestent les tentatives d’évasion. N’oublie pas qu’il te manque tes deux mains et deux tiers de ta jambe gauche.
 
Voilà, tu as fait ton choix, tu te redresses en forçant sur ce qu’il te reste de musculature abdominale puis tu t’assois doucement au bord de ton sommier grillagé. Tu le quittes, t’accroupis en t’appuyant sur les moignons, tu t’allonges sur le plancher puis tu commences à ramper vers le rai de lumière.
 
Dans tes mouvements difficiles tu continues à être attentive aux sons du couloir, le seul endroit que tu connaisses de la maison de ton bourreau. D’ailleurs qu’est-il devenu ? D’habitude il vient tous les jours te nourrir avec cette bouffe écoeurante qui a une drôle d’odeur mais que tu as fini par apprécier. Et puis tu te demandes si dans ta misérable vie il existe autre chose que cette nourriture puisque c’est toujours la même ? Oh tu as bien tenté de goûter à tes défécations mais l’odeur était vraiment trop répugnante pour que tu enfonces un de tes moignons dans le fond de ce bidet situé juste à côté de ton lit.
 
Voilà, ta tête frôle le bas de la porte, tu t’immobilises, tu écoutes ; seul ton souffle répond à tes interrogations : où est ton bourreau ? Où est l’autre, celui qui chuchote dans le noir en caressant les petites bosses de ton corps ?
 
Tu sais que ta porte est mal fermée car tu n’as pas entendu le pêne frapper la gâche et c’était un peu avant le grand bruit sourd. Et si tu as longtemps hésité c’est parce que cet évènement s’est déjà produit et tu te rappelles encore la lame du couteau tranchant doucement l’os de ton tibia.
 
Mais maintenant que tu es là et que tu as fait ton choix tu tends les bras et avec tes moignons tu enserres la poignée devenue ronde suite à ta dernière tentative.
 
Tu n’as pas de prise, ton souffle s’accélère, tu regrettes déjà d’avoir rampé jusque-là, tu sais que s’il te choppe il va commencer par te découper le premier orteil de ton dernier pied. Tu redoubles alors d’attention, tu te concentres sur le moindre bruit mais rien ne vient troubler le silence de ta prison et c’est le moment que tu juges opportun pour te redresser sur le genou et le moignon opposé pour ne pas perdre l’équilibre.
 
Tu fais attention à ne pas toucher la porte car si par malheur tu la poussais trop fort elle claquerait et s’en serait fini de tes chances de t’enfuir. Tu ouvres grand la bouche. Même si tu t’es fait arracher quelques dents et que tu entends toujours les craquements de leurs extractions dans ton cerveau il te reste celles de devant et grâce à elles que tu peux serrer la poignée et la tirer doucement vers toi.
 
Le grincement des gonds t’effraie, tu es pris d’une peur panique, tu trembles, tu ne veux plus souffrir, ils te torturent depuis si longtemps que tu demandes pourquoi tu tiens tant à la vie. Mais devant le silence de la maison tu te calmes et l’entrebâillement est assez large pour que tu y glisses ton moignon droit. De nouveau tu tires le panneau vers toi.....
 

COME-AWAY (Science Fiction)

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EXTRAIT de Come - Away de Stéphane GdG : science Fiction

Come awayEncore aujourd’hui j’ai du mal à expliquer ce qui m’est arrivé.
La seule chose dont je sois sûr ? J’en ai pris pour 30 ans. J’ai aussi souscrit un long bail pour le quartier de haute sécurité, à l’isolement, à côté des autres rats de mon espèce. Autrefois pourtant  je fus l’exact contraire d’aujourd’hui, un mec riche, un des meilleurs spéculateurs de Wall Street. Un mec presque clean quoi ! Et puis il y eut cette nuit, cette fameuse nuit…
Comment s’est arrivé ?  Et bien j’étais chez moi, tranquille, je buvais un verre de whisky quand on frappa à ma porte. C’était mon fils, un type bien, comme le moi de cette époque. Pourtant ce fameux soir j’ai vu sur son visage un truc que je n’avais jamais vu auparavant…
Où cela s’était-il passé exactement ? Dans un champ, ce maudit champ…Il y a avait du brouillard cette nuit-là mais à cause de la pleine lune ça lui donnait un éclairage bizarre comme s’il n’était composé que d’immenses toiles d’araignées…
Mon fils m’a dit avoir percuté un truc, un animal, du moins c’est ce qu’il croyait au début. Nous sommes retournés voir…Cela a été la plus grande erreur de ma vie, aujourd’hui il serait toujours vivant et moi je ne serais pas dans ce trou à rats…
Ce que c’était ? Je ne sais pas, en tous cas ce n’était pas humain, rien sur cette terre ne peut ressembler à un truc pareil. La voiture de mon fils avait tapé dedans et l’avait envoyé valdinguer à une vingtaine de mètres du bord de la route.
Description ? Hum je ne sais pas si vous allez me croire mais bon, puisque vous êtes là…quatre long bras osseux, une peau grise, un seul œil au milieu de son front ridé, pas de cheveux, pas de bouche, deux trous à la place du nez, le reste du corps entièrement osseux comme s’il n’avait aucun muscle, un peu comme les pattes d’insectes.
Après tout s’est enchaîné très vite, si vite que j’ai perdu le fil des évènements et dans ma mémoire ça reste encore à l’état d’hypothèse

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