slam

Cracheuse de feu, par Lulla Bell

Misère
Alors je t’ai tourné le dos
Pour cracher toute ma nostalgie
Sur la flamme de ma folle vie

Coté jardin je n’y suis plus
Cherche moi plutôt coté rue
Je chante pour manger à ma faim
Mais c’est ainsi que je suis bien
Entre gouaille et pirouettes
Je n’en fais qu’à ma tête
J’ai franchi tous les interdits
Ainsi va ma vie
Je jongle avec des flammèches
Une goulée de Kerdane en bouche
Je crache sur la torche et fais mouche
S’embrasent la nuit et mes cheveux
Quelques étincelles sur un pas de deux
La saltimbanque te salue
Les poches vides et le cœur nu.

Lulla Bell

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Mes mains ne dorment plus, slam de Lulla Bell

Mes mains ne dorment plus

Elles n’obéissent plus

Aux lois que mon corps imposent

Jamais elles ne se reposent

Elles me torturent même la nuit

Le jour j’arrive à les calmer

J’ai de quoi les occuper

Je les punis en travaux ménagers

La nuit, elles me le font payer

Quand mon corps est au repos

Elles s’agitent dans tous les sens

S’ébattent comme des ailes

Qui voudraient s’envoler

Elles veulent se détacher

Cela n’a pas de sens

Je les ferme l’une contre l’autre

Nouant les doigts

Les uns dans les autres

Mais elles se crampent

Se redissent

Animées par quel feu

Je ne sais pas

Création, récréation

Elles font leur caprice

Elles me piquent

Me brûlent

Et je sens leur morsure

Celle d’un chien enragé

Il faut lâcher

Libérer ces dix doigts

Qui vont jouer des notes invisibles

Sur un piano imaginaire

A la portée de mes tourments

Mes mains me trahissent

Elles sont impatientes

Elles veulent un tempo

A marquer

Chefs d’orchestre de ma vie

Veulent me mener

Une cadence infernale

Je ne suis plus la danse des doigts

Il arrive qu’une me frappe

Et que l’autre dans les airs

Envoie valser un oreiller

Fébrilement je l’attrape

En plein vol

Et je plonge mon visage hagard

Dans le duvet

Comme une folle

Je voudrais me cacher

Je gémis à mots couverts

Pour personne ne réveiller

Vous riez j’en suis sûre

Vous trouvez cela absurde

Les yeux tournés vers le ciel

Je prie pour que mes mains se calment

Elles me jouent du violon

Du pipeau

Elles me narguent

Et je pleure en silence

Tout en serrant mes poings

Que je lève dans la nuit

Comme une dernière chance

En implorant demain

Qu’arrive le matin

Comme une délivrance

Mes mains ne dorment plus

J’ai peur qu’un jour, elles ne me tuent.

 

Lulla Bell

Hands 1399552 1280

 

En vie, slam de Lulla Bell

EN VIE

 

C’est comme une torture

Cette écriture

Comme une vengeance

A cette errance

Cet état drame

D’une vie qu’on désarme

De sa normalité

Démunie de santé

J’écris court on dit

Dans la fulgurance

Comme une jouissance

Plaisir instantané

Brève souffrance

Pour qui ne trouve jamais

Le point G

Entre A et B

Je cherche le mot parfait

J’ai envie d’y croire

Écrire une histoire

D’amour Géant

J’ai envie

D’aimer

J’ai, en vie

Toujours cet espoir

C’est comme une torture

Quand l’écriture

Ne sait plus le dire

L’exprimer

L’horizon en devenir.

 

Lulla Bell ©

Still life 851328 640