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Récits clairs-obscurs SGdG

lien : http://recitsclairsobscurs.blogspot.fr/2015/06/cassandre-naissance-dune-terreur-le.html Un blog de Stéphane Gebel de Gebhardt, connu pour ses poèmes, nous livre là des extraits de récits d'épouvante, d'horreur,de science-fiction et de Fantasy. Il nous étonne par son habileté d'écriture, ses détails, son inventivité dans un domaine où on ne l'attendait pas. Voici un extrait de Cassandre. La suite sur le blog de Stéphane. Naissance du terreur Cassandre, naissance d'une Terreur - Le choix (1/5) Tu as faim, tu as soif, mais tu as peur. Pourtant tu as entendu ce bruit lourd cogner le sol quelques minutes plus tôt, quelques heures, quelques jours peut-être, tu ne le sais plus. Mais était-ce si important de le savoir quand on séquestré depuis si longtemps que tu te demandes toi-même si tu n’es pas né dans cet endroit sordide ? L’heure du choix est arrivée. Soit tu meurs de soif sur ton lit, soit tu tentes de ramper vers ce trait de lumière qui passe sous la porte de ta chambre. Mais tu es terrifiée car tu sais que si tu fais trop de bruit cela te coûtera une partie de ton corps. Ils détestent les tentatives d’évasion. N’oublie pas qu’il te manque tes deux mains et deux tiers de ta jambe gauche. Voilà, tu as fait ton choix, tu te redresses en forçant sur ce qu’il te reste de musculature abdominale puis tu t’assois doucement au bord de ton sommier grillagé. Tu le quittes, t’accroupis en t’appuyant sur les moignons, tu t’allonges sur le plancher puis tu commences à ramper vers le rai de lumière. Dans tes mouvements difficiles tu continues à être attentive aux sons du couloir, le seul endroit que tu connaisses de la maison de ton bourreau. D'ailleurs qu’est-il devenu ? D'habitude il vient tous les jours te nourrir avec cette bouffe écœurante qui a une drôle d’odeur mais que tu as fini par apprécier. Et puis tu te demandes si dans ta misérable vie il existe autre chose que cette nourriture puisque c’est toujours la même ? Oh tu as bien tenté de goûter à tes défécations mais l’odeur était vraiment trop répugnante pour que tu enfonces un de tes moignons dans le fond de ce bidet situé juste à côté de ton lit. Voilà, ta tête frôle le bas de la porte, tu t’immobilises, tu écoutes ; seul ton souffle répond à tes interrogations : où est ton bourreau ? Où est l’autre, celui qui chuchote dans le noir en caressant les petites bosses de ton corps ? Tu sais que ta porte est mal fermée car tu n’as pas entendu le pêne frapper la gâche et c’était un peu avant le grand bruit sourd. Et si tu as longtemps hésité c’est parce que cet évènement s’est déjà produit et tu te rappelles encore la lame du couteau tranchant doucement l’os de ton tibia. Mais maintenant que tu es là et que tu as fait ton choix tu tends les bras et avec tes moignons tu enserres la poignée devenue ronde suite à ta dernière tentative. Tu n’as pas de prise, ton souffle s’accélère, tu regrettes déjà d’avoir rampé jusque-là, tu sais que s’il te choppe il va commencer par te découper le premier orteil de ton dernier pied. Tu redoubles alors d’attention, tu te concentres sur le moindre bruit mais rien ne vient troubler le silence de ta prison et c’est le moment que tu juges opportun pour te redresser sur le genou et le moignon opposé pour ne pas perdre l’équilibre. Tu fais attention à ne pas toucher la porte car si par malheur tu la poussais trop fort elle claquerait et s’en serait fini de tes chances de t’enfuir. Tu ouvres grand la bouche. Même si tu t’es fait arracher quelques dents et que tu entends toujours les craquements de leurs extractions dans ton cerveau il te reste celles de devant et grâce à elles que tu peux serrer la poignée et la tirer doucement vers toi.

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