être

Alchimie de l'avoir et de l'être, par Merle Bleu

Alchimie de l'avoir et de l'être

 
Le ciel est labyrinthe où les oiseaux s'égarent
Cherchant __ plume affolée __ un écho à leur chant
Redoutant le désert et les champs désolés
S'entourant de remparts de douleur et de crainte

Mais il suffit parfois de chaleur se frôler
Ressentir __ libérer __ les envies __ les étreintes
De douceur __ de duvet __ doucement cajolés
S'envoler de l'esprit __ des défenses __ des feintes

La prison des pensées d'alchimie est dorée
Oh raison adorée __ que de plomb est ta cage
D'une phrase bien sage aux maux édulcorés
S'emprisonnent les vœux d'un silence abhorré

Impatience et caprice __ emportez-vous l'extase
Viendrez-vous dérober d'une voix un peu sèche
D'un ton de cinéma et d'un geste un peu rêche
Les frissons de la peau __ les caresses exquises

On ne peut enfermer le souffle __ les soupirs
L'émotion est un lieu subtil et volatile
Dont on voudrait tout l'or __ le sens __ et les empires
Réclamant le meilleur en exprimant le pire

L'amour n'est pas emprise __ il est libre et accueille
Il est le vent __ la brise tendre et l'embellie
La fleur de sel __ là où la mousse est sans écueil
Il s'ancre dans les cœurs __ pour un instant ou pour la vie


© Copyright Merle Bleu
http://merle-bleu.blogspot.fr/2015/07/alchimie-de-lavoir-et-de-letre.html?showComment=1438185500607#c5225170439211494957
Merle bleu

Etre et avoir

ETRE ET AVOIR

Voilà que j'me réveille à midi et demi
C'est bien la première fois que j'ai autant dormi
Dans mon rêve je chantais, je jouais la comédie
Et je crachais le feu dans des sons et lumières
Dans mon rêve j'étais jeune, heureuse et très belle
Je regarde, sonnée, mon pays des merveilles
Et la réalité me crie dans les oreilles
Comme une litanie les bruits de l'hôpital
Comme une habitude les murs blancs un peu sal'
Ma vieille t'es accrochée à une cuve d'oxygène
N'essaie pas de marcher, ça n'en vaut pas la peine
T'as ton carrosse noir qui t'attend dans l'couloir
Un fauteuil électrique où t'as plus qu'à t'asseoir
Une main à bouger pour qu'il se mettre en route
Et tu traces toujours dans la même déroute
Ma mémoire est fantasque et me joue bien des tours
Elle me lâche souvent me laissant au détours
D'un mot qui ne vient plus, d'un nom d'ami perdu
Elle revient quand elle veut et fait son propre tri
Je veux garder l'meilleur, elle me laisse le pire
Elle me rappelle toujours que j'attends un greffon
une personne doit m'offrir cœur et poumons
C'est la seule solution pour que mon destin change
Et je n'ai vraiment rien à donner en échange
Au lieu de dire merci, j'voudrais crier pardon
Car tandis qu'on pleurera un corps vider d'organes
Pour une fois dans ma vie, moi j'aurai la banane.

Lulla Bell ©

19753732 jeune femme assise dans un fauteuil roulant regardant par la fenetre